Installés sur l’ancien Domaine de Navarre, les Jardins de Joséphine portent l’esprit et les traces de l’Histoire de France.

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DES HÔTES HISTORIQUES

Des origines à Joséphine de Beauharnais

Une abbaye fut le premier édifice des lieux à Navarre dans l’ancien village Saint Germain.

Le Manoir de Saint Germain fut construit, plusieurs siècles plus tard (avant 1286) par Jeanne de France, femme du Comte d’Évreux. La chapelle située au premier étage du manoir était le lieu de résidence de l’évêque d’Évreux.

Il se dit que Jeanne de France aurait fait venir des pommiers de Pampelune pour produire du cidre en Normandie.

Installé au bord de l’Iton, ce manoir était décrit comme « une maison royale… fortifiée contre les inondations et débordements de l’Iton ». Deux rois y furent reçus : Philippe V Le Long et Charles V le Bel.

La propriété fut vendue à la Révolution et le manoir démoli. Un second château fut construit sous le nom de Manoir ou Hostel de Saint Germain. Il prendra l’attribution de « Navarre » au 15e ou au 16e siècle.

Plus ou moins à l’abandon, le domaine devient la propriété des Ducs de Bouillon au XVII.

C’est en 1679 qu’un nouveau château a été construit, d’après les plans de Jules-Hardouin Mansart. Les jardins, dessinés par Le Nôtre, ont transformé le passage de l’Iton dans la propriété.
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En effet, 3 bras ont été créés : l’un central se terminait par une chute d’eau, les 2 autres bras longeaient la vallée. Les chutes du cours d’eau ont, plus tard, été aménagées avec un bassin inférieur et une chute d’eau. À cette époque, le conseil du roi y autorisa le flottage du bois. L’Iton devint « rivière navigable ».

Pour la visite du Louis XV et de la marquise de Pompadour le Comte Charles Godefroy de Bouillon fit construire en « 50 jours » un pavillon à côté du château.

De grandes volières furent ensuite édifiées dans l’un des jardins.

C’est en 1802 que Joséphine de Beauharnais se rend au Château. Elle obtint le domaine en 1810 par Bonaparte lorsqu’elle fut répudiée. Celle-ci contribua à la remise en état du domaine et le château, laissés à l’abandon.

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L’ÈRE INDUSTRIELLE

La richesse des usines de Navarre.

Le domaine, mis en adjudication par le préfet de l’Eure en 1834, est alors vendu au marquis Louis Florimond de Dauvet.

C’est à partir de cette époque que la force motrice de l’eau de l’Iton sera exploitée. Le domaine fut divisé en deux pour y créer, d’un côté une zone industrielle et de l’autre, un hôpital psychiatrique.

C’est le début des usines de Navarre. Plusieurs usines y ont été construites et durant 1 siècle environ, les usines de Navarre ont été l’une des plus importantes industries métallurgiques de France et hors de ses frontières. Près de 1000 ouvriers y travaillèrent.
Les usines étaient spécialisées dans les métaux non ferreux, comme le laiton, le cuivre, le bronze, le zinc. Elles produisaient des produits pour la robinetterie, la serrurerie, l’électronique, l’horlogerie, l’automobile, la décoration, le bâtiment, l’ameublement, la quincaillerie…

La fonderie a commencé vers 1860. Parmi ses activités, la production de dés à coudre la plaçait seconde usine française. En 1997, l’usine de Navarre produisait 600 000 produits. Cette activité a duré jusque dans les années 2000.

La première lampe Pigeon fut produite en 1884. Ces lampes à essence prennent leurs origines dans les usines de Navarre et seront produites jusque dans les années 2000.

Des réchauds en laiton à alcool ou à pétrole y étaient également fabriqués. Une partie était d’ailleurs exportée en Afrique.
La fabrication d’anneaux de toute sorte a placé l’usine parmi les dernières à en produire.
Le symbole de l’abeille a été l’emblème des usines de Navarre pour deux raisons : l’abeille représente l’ardeur au travail et c’est aussi le symbole de l’empire Napoléon.

La gare de marchandises de Navarre, inaugurée en 1899 et à présent disparue, a permis le développement des activités des usines de Navarre.

Du château de Navarre, il reste des vestiges dans des propriétés privées de la région ébroïcienne. Le potager de Joséphine, le pont de rocailles, les souterrains permettant de ravitailler le Château font partie des témoins de cette époque.

Les Jardins de Joséphine ont pris place dans cette ancienne manufacture, dont l’un des anciens bâtiments et le moulin ont été restaurés. Le jardin a également été reconstitué dans le respect de son passé.

Le domaine de Navarre, de la Reine Jeanne à aujourd’hui

- Document PDF par Claude Doligé -

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